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LE
ZEN
HANNYA SHINGYÔ | SHO DO KA | QUELQUES
LIVRES ZEN | LIENS
SHO
DO KA
Le Chant de l'Immédiat Satori
(source: http://www.bouddha.ch/)

Cher ami, ne vois-tu pas cet homme du satori qui a cessé
d'étudier et est inactif ? Il ne cherche ni à
écarter les illusions ni à trouver la vérité.
La
nature réelle de notre ignorance est la nature de Bouddha;
notre corps vide et illusoire est le corps du Bouddha Dharma-
Kaya.
Si
nous comprenons le corps de Bouddha il n'y a plus rien. Source
originelle, notre nature propre est le pur et vrai Bouddha
Les
nuages flottants des cinq skandhas vont et viennent dans le
ciel, l'écume des trois poisons apparaît et disparaît
sur l'océan.
Si
nous comprenons la réalité, pour nous n'existe
plus ni l'homme, ni la loi, instantanément le pire
karma, le karma de l'enfer est détruit.
Si
vous réalisez subitement dans l'instant, le Zen du
Bouddha, les six paramitas et les dix mille pratiques se réalisent
dans votre corps.
Dans
notre rêve existent clairement les six sentiers illusoires.
Mais quand nous nous réveillons, il n'existe plus rien,
pas même les milliers de phénomènes.
Demandez
à une marionnette si acquérir des mérites
pour trouver le Bouddha est efficace.
Il
n'existe ni faute, ni bonheur, ni perte, ni profit. Dans la
paix de cet achèvement absolu, nous ne devons rien
chercher.
Depuis
l'origine, on n'a jamais essuyé la poussière
accumulée sur le miroir, mais aujourd'hui , il faut
absolument en voir l'éclat.
Qui
est non-pensée? Qui est non-né? Si le non-né
existe réellement, il ne peut naître non plus.
Le
bois ne connaît pas la cendre et la cendre ne connaît
pas le bois.
Abandonne
les quatre éléments et ne cherche plus à
saisir. Dans la paix et l'achèvement absolu, bois et
mange selon tes désirs. Tous les phénomènes
sont impermanents, tout est vacuité. C'est justement
cela le grand et complet satori du Bouddha.
Une
doctrine précise et de la plus haute dimension est
le symbole du véritable moine. Si une personne n'est
pas d'accord, la doctrine se révélera d'elle-même.
Car
la marque du Bouddha est de couper les racines directement.
On ne peut, à la fois, amasser les feuilles et chercher
les branches.
Les
gens ignorent le joyau précieux (mani). Mais chacun
le possède profondément enfoui (ce trésor
du Tathagata) dans la conscience Alaya, conscience cosmique
immaculée.
L'action
mystérieuse des six organes des sens est vacuité
et n'est pas vacuité en même temps. Le halo lumineux
d'une perle appartient au monde des phénomènes
et ne lui appartient pas en même temps.
La
voix des vallées, la couleur des montagnes donnent
une grande conférence de Bouddha.
En
purifiant nos cinq sortes de visions, on pourra acquérir
les cinq pouvoirs. Par la pratique seulement on peut comprendre
cela. L'imaginer est difficile.
Il
n'est pas difficile de voir la forme dans le miroir. Mais
il n'y a pas moyen de capturer la lune dans le courant du
ruisseau. Nous allons toujours seules, nous marchons toujours
seuls. sur le chemin du Nirvana, seuls jouent ensemble ceux
qui sont accomplis.
La
mélodie de sa vie est classique, son esprit est pur
et son allure a une noblesse naturelle. Ses joues sont creuses
et ses pommettes fortes, personne ne prête attention
à lui. Le fils de çakya est connu pour être
pauvre. En réalité, son apparence est pauvre
mais son esprit ne connaît pas la pauvreté. étant
pauvre, aussi est-il habituellement vêtu de haillons,
mais il possède la voie et garde un trésor inestimable
au fond de son esprit. Et ce trésor inestimable, même
lorsque l'on en use ne s'épuise jamais. aussi, il peut
en faire bénéficier chacun en chaque occasion,
sans aucune économie, éternellement.
Les
trois corps et les quatre sagesses se réalisent pleinement
dans son corps. Les huit compréhensions et les six
pouvoirs supra-mondains ont imprimés dans le fond de
son esprit.
L'homme
supra-mondain à la compréhension totale en une
seule fois. L'homme mondain ou ignorant, bien qu'il entende
beaucoup de choses, croit à peu de choses et n'a pas
de vérité profonde.
Dépouille
par toi-même des haillons qui cachent ce trésor.
En face des autres, ne te vante pas de ta dévotion.
Accepte
les critiques et soumets-toi aux calomnies des autres, ils
finissent par se fatiguer eux-mêmes à vouloir
enflammer le ciel avec une torche. Lorsque tu les écoutes,
c'est comme si tu buvais un doux nectar. Il se dissout instantanément
et entre dans le mystère.
Si
tu comprends que les paroles mauvaises deviennent des mérites,
alors elles deviennent pour toi un maître de la Voie.
Si, par les critiques, tu ne t'éveilles pas au-delà
de la notion d'ami ou d'ennemi, comment pourras-tu réaliser
les pouvoirs illimités de la compassion et de la persévérance.
Si
tu comprends parfaitement l'origine, le principe, tu pourras
l'enseigner parfaitement, Zazen et sagesse seront en complète
fusion sans demeurer sur le Vide seulement.
Il
n'est pas que moi seul maintenant qui aie la compréhension.
Les Bouddhas innombrables comme les grains de sable du Gange
sont tous de même essence. La doctrine de la non-crainte
est comme le rugissement du lion. Il brise le cerveau des
cent animaux qui l'entendent. L'éléphant, malgré
sa puissance perd sa dignité Seul le dragon du ciel
écoute cette voix avec contentement.
Au-dessus
des nuages un ciel pur. Au-dessous des nuages, orages et pluies.
L'homme regarde la fleur, la fleur regarde l'homme. L'homme
contemple le miroir, le miroir contemple l'homme. l'âne
regarde l'eau dans le puits, l'eau regarde l'âne. Tu
deviens moi. Je deviens toi. je pénètre le Bouddha,
le Bouddha me pénètre. Matériel et spirituel
s'interpénètrent. Sur la montagne, le moine
médite, au pied de la montagne les vaches se reposent
et paissent tranquilles.
J'ai
traversé océans et lacs, j'ai passé montagnes
et rivières, j'ai visité nombre de Maîtres,
j'ai cherché les Voies, j'ai pratiqué zazen.
Depuis que j'ai trouvé le chemin de la transmission,
je sais que naissance et mort ne sont pas différents.
Marcher
est aussi le Zen, s'asseoir est aussi le Zen. Que l'on parle
ou que l'on soit silencieux, que l'on bouge ou que l'on soit
immobile, le corps demeure toujours en paix. Même si
l'on se trouve face à une épée l'esprit
demeure tranquille, même si l'on se trouve face aux
poisons, l'esprit demeure imperturbable.
La
patience ne se confond pas avec l'ascétisme ou la persévérance,
elle se trouve au-delà.
Nous
devons vivre maintes fois et maintes fois mourir. Vies et
morts se succèdent sans cesse dans l'éternité.
Du
fait de la réalisation immédiate de la non-naissance,
plus n'est besoin de se réjouir ou de se tourmenter
pour les honneurs ou la disgrâce.
Se
retirer dans les montagnes profondes, vivre dans un petit
ermitage, assis sous un grand pin, calme et tranquille, pratiquer
la méditation, paisible et heureux dans la demeure
du moine-ermite, vie simple et sereine, véritable beauté.
Si
vous vous éveillez et que vous comprenez, il n'est
plus nécessaire de faire de vains efforts, rien n'appartient
à l'ordre de l'impermanence des phénomènes.
Le
don pratiqué dans un but peut donner le bonheur de
renaître dans le ciel, mais c'est comme décocher
une flèche vers le ciel.
Lorsque
la force de la flèche est épuisée, elle
retombe au sol et cela est source de karma contraire pour
le futur.
Seulement
saisir la racine originelle, ne pas se préoccuper des
branches, cela est comme capter le reflet de la lune dans
un joyau pur.
Je
connais maintenant ce trésor de vraie liberté,
inépuisable non seulement pour moi-même mais
aussi pour les autres. La lune brille sur l'eau de la rivière,
le vent souffle dans les pins, fraîche et pure ombre
d'une longue nuit. Quelle en est la cause?
Le
trésor des préceptes de la nature du Bouddha
est imprimé dans le fond de notre esprit. le brouillard
et la rosée, la pluie et la brume sont le kesa qui
revêt notre corps.
Le
bol du moine pour appeler le dragon et le bâton pour
écarter le tigre. Les anneaux de métal au sommet
du bâton tintent clairement. Bol et bâton ne doivent
pas être considérés sous leur simple forme
matérielle. Ils signifient suivre intimement la trace
du Bouddha et symbolisent son précieux bagage.
Ne
pas chercher la vérité, ne pas couper les illusions.
Car je comprends clairement que ces deux éléments
sont vacuité, sans formes...
Le
non-forme n'est ni vacuité, ni non-vacuité,
c'est la véritable forme du Bouddha. Le miroir de l'esprit
est pur et rien ne vient l'obscurcir; par sa pureté
et sa clarté, il reflète tout l'univers.
Le
reflet de milliers de phénomènes se manifeste
dans ce miroir, ce joyau parfait n'a ni extérieur ni
intérieur. La vraie liberté de la vacuité
chasse la relation de cause à effet, tout est alors
en parfaite confusion et désordre et apporte des conséquences
abominables. Abandonner les existences pour ne garder que
la vacuité est aussi une grave perturbation, cela revient
à se jeter dans l'eau pour éviter de tomber
dans le feu. Vouloir abandonner les illusions pour ne garder
que la vérité est discrimination, artifice et
imitation. Lorsqu'un homme ne suit que la pratique en ignorant
cela, il est comme celui qui adopte un voleur pour en faire
son fils.
L'homme
vrai saisit l'épée de la Sagesse, pointe acérée
de la sagesse, flamme aussi puissante que le diamant.
Cette
épée est capable de briser l'esprit de toutes
pensées et conceptions erronées, mais elle peut
également frapper par surprise tous les démons.
L'enseignement du Bouddha est comme la voix du tonnerre, la
loi qui gronde ou le roulement du tambour. Il étend
un nuage de compassion et répand un nectar doux comme
le miel. Les traces du dragon et de l'éléphant
s'étendent partout et sans limites, de sorte que tous
les hommes, même ceux qui ont un satori dogmatique ou
acquis par la connaissance des livres peuvent s'éveiller
et trouver le vrai satori par cet enseignements. Sur les glaciers
de l'Himalaya ne pousse qu'une herbe, pure et sans mélange.
Elle donne, exclusivement l'essence du goût et ce goût,
toujours, il faut le conserver.
Une
seule nature contient toutes les natures, une seule existence
inclut totalement toutes les existences. Une seule lune se
reflète dans toutes les eaux, tous les reflets de la
lune dans l'eau proviennent d'une seule lune.
Le
corps spirituel dharma-Kaya de tous les Bouddhas entre dans
ma nature, ma nature s'harmonise avec l'esprit du Tathagata.
Une sagesse inclut parfaitement toutes les sagesses. Il n'y
a ni forme, ni conscience, ni action du Karma.
Durant
un seul instant, quatre-vingt mille portes sont créées,
durant un seul instant le temps éternel est achevé.
Les
mesures ne sont pas mesures, comment être en rapport
avec notre nature véritable. Ne pas critiquer, ne pas
louer, notre corps est comme le ciel, ils sont sans limites.
Qu'est
ce que le bien, qu'est le mal? Les hommes ne peuvent le savoir.
Qu'est-ce qui va dans le bon sens, même le ciel ne peut
le mesurer.
Si
tu ne quittes pas la place où tu es, tu demeures tranquille.
si tu cherches à connaître, tu te rendras compte
que tu ne peux ni comprendre, ni acquérir, ni rejeter.
Ce que tu ne peux pas obtenir, inconsciemment tu l'obtiendras.
Lorsque tu es silencieux, tu discours, lorsque tu discours,
tu es silencieux. Quand la grande porte du don est ouverte,
il n'y a plus d'impasse.
Pendant
longtemps, autrefois, j'ai pratiqué, étudié.
Ce ne sont ni des paroles en l'air, ni mensonges. Ici, je
dresse le drapeau de la Loi et j'établis la vraie sagesse.
La véritable et sainte transmission du Bouddha se perpétue
à travers l'enseignement des maîtres issus de
Mahakasyapa et Bodhidharma.
La
vérité de l'Enseignement n'a pas besoin d'être
défendue. De même l'origine des illusions, elle
aussi est vacuité. Mais existence ou non-existence,
quand ces deux points de vue sont abandonnés, non-vacuité
devient vacuité.
Les
vingt portes de la vacuité n'ont pas d'existence. La
nature unique des Tathagatas est originellement identique
pour toutes les existences.
L'esprit
est la racine et le dharma est la poussière. Tous deux
sont comme les reflets dans le miroir. Lorsque l'on a enlevé
cette poussière, la lumière alors resplendit.
Esprit et Dharma ont complètement disparu, notre nature,
alors, est authentique. Hélas! Cette époque
est marquée par la dégénérescence
du Dharma, les hommes ne sont guère heureux; il est
difficile de les diriger; ils sont très loin de la
sagesse, de la sainteté et se plongent dans de fausses
conceptions. Les démons sont puissants, le Dharma est
faible et la haine malfaisante se répand partout. Ils
ont la possibilité d'écouter l'enseignement
de la porte de la vraie doctrine du Bouddha, malheureusement
ils le rejettent, le brisent en mille morceaux comme une tuile
et ne peuvent retrouver la forme originelle.
L'action
provient de l'esprit, les maux proviennent du corps; aussi
ne devez-vous éprouver aucun ressentiment envers autrui.
Si
tu ne veux pas t'attirer un karma illimité ne critique
pas l'enseignement du Dharma du Bouddha.
Dans
la forêt de bois de santal ne pousse aucun autre arbre.
Les lions seuls demeurent dans cette forêt profonde,
dense silencieuse. Et partout, dans ce bois tranquille, les
lions s'amusent librement. tous les animaux de la terre et
du ciel se sont enfuis, seuls les lionceaux marchent à
la suite du lion. A peine âgés de trois ans ils
sont capables de rugir. Et même si les chacals voudraient
imiter des lions, rois du Dharmas, ils ne pourraient empêcher
les cent mille démons d'ouvrir leur bouche librement.
L'enseignement
véritable ne peut être saisi par l'entendement
humain. Même si vous avez des doutes, si vous ne comprenez
pas, il est tout a fait possible d'en discuter avec un maître.
Ceci n'est qu'une opinion, issue du dogmatisme. Il est à
craindre seulement que notre pratique ne dégénère
vers les deux extrémités de la négation
et de l'affirmation.
Le
négatif n'est pas négatif, le positif n'est
pas positif. Si nous nous trompons à ce sujet, même
d'un cheveu, nous nous écartons de mille lieues.
Le
Hinayana est entièrement dévoué à
la Voie, mais l'amour universel lui fait défaut.
L'intelligence et le savoir manquent de sagesse profonde.
Si
quelqu'un me demande à quelle religion j'appartiens,
je réponds: la puissance et la compréhension
du Maha Prajna.
Ils
sont puérils et stupides ceux qui créent une
fausse réalité dans leur poing vide ou au bout
de leur doigt.
Ils
n'obtiennent rien en prenant la lune pour le doigt qui la
montre. Ils mélangent et confondent volontairement
monde objectif et subjectif. L'homme qui embrasse tous les
aspects et Bouddha.
Lorsque
l'illumination est réalisé, alors le karma devient
vacuité, autrement nous devrions payer nos dettes.
Nous
avons faim et même devant une table royale, nous ne
mangeons pas. Nous sommes malades et même si nous rencontrons
le roi des médecins et ne suivons pas ses remèdes,
comment pourrons-nous être guéris ?
Dans
le monde des désirs, nous pouvons pratiquer zazen par
le pouvoir de la sagesse. Lorsque le lotus est né dans
le feu, jamais il ne pourra être détruit.
C'est
pure vanité de vouloir entrer dans l'océan pour
en compter les grains de sables. Quelle utilité y a-t-il
a compter le trésor des autres ?
L'enseignement
semblable au rugissement du lion est sans peur. Quelle pitié
que ces esprits stupides et confus.
Ils
comprennent que violer les préceptes est un empêchement
à l'illumination, mais ils ne peuvent découvrir
le secret de l'essence de l'enseignement de Bouddha.
La
puissance de l'illumination a des effets merveilleux aussi
innombrables que les grains de sable du Gange. Pourquoi refuser
la peine de lui faire les quatre offrandes, dix mille pièces
d'or à côté de cela ne valent rien.
Même
si nous devions réduire nos os en poudre ou couper
notre corps en morceaux, cela ne serait pas encore suffisant
pour le remercier. Un seul mot juste est au-delà de
dix milliard de mots.
Même
si le soleil devient froid ou si la lune se réchauffe,
malgré de nombreux démons, la vraie doctrine
reste indestructible. Un grand satori est au-delà des
petits honneurs. Ne juge pas l'immensité du ciel bleu
en le regardant à travers une paille.
Yung-chia
Hsüan-chüeh (Yoka Daïshi), 665-713

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